Quelques réflexions sur Google+
À propos du nom :
Pour un moteur de recherche, le nom étonne par son manque de caractérisation. C’est un brin générique. De plus, suffit d’ajouter un espace (Google +) et Google ne donne plus son propre service comme premier résultat.
À propos des invitations :
À quoi ça rimait, tout ça ? Devait-on croire que les serveurs de Google n’étaient pas capable de prendre plus d’abonnés ? Vraiment ?
Petite hypothèse, que je ne suis pas le seul à avancer : ce ne serait qu’à moitié vrai. Le système d’invitation crée une rareté, une impression de club privé où l’on est privilégié d’entrer. Les premiers invités sont des gens branchés technos, les mêmes qui achalent tout le monde avec le dernier iPhone8 et ses quatre caméras haute-définition. Pour créer de l’engouement, ils n’ont pas leur pareil.
C’est une stratégie à deux tranchants. Souvenez-vous du buzz Google Wave. C’était fort. Tout le monde voulait y être. Mais aussi, souvenez-vous du ressac Google wave : tout le monde voulait tellement y être… que tout le monde a trouvé que c’était « rien que ça ? Anyway, j’ai pas personne à qui parler là-dessus. »
À propos de la place que Google+ va prendre :
Remplacer Facebook ? Être parallèle à Facebook ? Être un point mitoyen entre Facebook et Twitter ?
Jusqu’à maintenant, selon mon expérience personnelle, les abonnés ajoutent à leurs cercles plus de gens qu’ils ne le feraient sur Facebook. À la Twitter. Est-ce que ça va durer ? Déjà, on commence à avoir envie de sortir quelques personnes de notre fil de nouvelles…
En me promenant sur Google+, j’ai ressenti la même impression que lors de mes premières visites sur Twitter. L’endroit était alors envahi par les gourous du web 2.0 et 80 % des liens partagés concernaient les médias sociaux. Le vrai plaisir est arrivé avec le reste du monde (appelons-les « les gens normaux »).
À propos des Cercles :
Au fond, les cercles de Google+, c’est comme les listes de Facebook. La différence, c’est que G+ a décidé de les mettre DANS TA FACE. Impossible de les manquer, ils sont au centre de la mécanique.
Fb a des listes. Et… c’est tout. Ils les ont. Ils n’en font pas la promotion et ils n’ont jamais créé d’interface invitant à utiliser les listes. C’est normal : la philosophie de Fb, et on l’a vu dans plus d’une déclaration de Zuckerberg, c’est que tout ce qu’on y met doit être vu par le plus de gens possible. Il ne faut pas s’attendre, donc, à ce qu’ils nous parlent ouvertement et positiviement de la possibilité de cacher certaines choses.
Cette manie de Facebook de vouloir tout partager le plus possible est la grande source de friction avec ses usagers. C’est visiblement là-dessus que Google a décidé de capitaliser.
Pour ceux qui s’en souviennent, c’était aussi la promesse de départ de diaspora.
À propos de l’intégration des services de Google, via G+ :
Picasa devient Google Photos et Blogger devient Google Blogs. Un hasard ? Sûrement pas.
Picasa, heu, non, Google Photos est déjà intégré à G+ . Éventuellement, gageons que seront intégrés également les Google Docs, le lecteur RSS Google Reader (il était déjà intégré à Buzz), Gmail et Google Calendar. Déjà, la barre en haut de Gmail, Picasa et Google Docs nous affiche les mises-à-jour de G+.
Bref, si G+ fonctionne vraiment bien, Google trouverait là une plate-forme où intégrer l’ensemble de son oeuvre.
« Un Google pour les gouverner tous. Un Google pour les trouver. Un Google pour les amener tous dans nos services et les lier. »






